un christianisme de philosophes

Ce n’est que si nous nous convertissons , si nous changeons radicalement notre attitude envers notre passé, et envers le « Royaume des cieux« , c’est à dire l’Esprit qui vit dans l’art, la science et la philosophie, que nous avons une faible chance de nous remettre debout, nous autres européens.

 Est ce à dire que nous devons tous nous convertir au christianisme ?

 mais lequel ? le catholique ? le luthérien  ? le calviniste ? l’orthodoxe ?

Evidemment non !

le christianisme, comme tout le reste, est soumis au dynamisme de l’esprit et de la raison, qui sans cesse crée du nouveau et détruit l’ancien… et d’ailleurs le christianisme, c’est ce dynamisme de l’esprit !

c’est ici que se présente à nous , pour mieux nous indiquer où nous devons chercher la voie qui actuellement, dans les conditions présentes de l’humanité européenne, pourra nous libérer, le Grand Maître des études fichtéennes et principal artisan de l’édition complète des oeuvres de  Fichte : Reinhard Lauth.

Selon lui, et nous pensons qu’il a largement raison, le christianisme de philosophes que nous cherchons et qui est aussi la philosophie chrétienne, c’est à dire est la forme, la facette actuelle du diamant éternel de la philosophia perennis, c’est la philosophie transcendantale de Kant et Fichte !

il aurait pu ajouter le Fichte français : Brunschvicg ! ainsi d’ailleurs que l’idéalisme de Husserl

J’extrais ceci du livre du Père Xavier Tilliette (composé de diverses contributions de spécialistes des études fichtéennes) : « Fichte-la science de la liberté« :

« Le transcendantal bien compris et mis en oeuvre signifie l’empire absolu du Sollen et, dans l’histoire, l’expansion d’une éthique à travers le monde et ses institutions…Reinhard Lauth envisage l’essor du transcendantal comme une croisade pour une société juste et une campagne pour un réarmement moral« 

 et maintenant, des extraits (modestement commentés, ou plutôt paraphrasés et simplifiés)  de la préface au livre du RP Tilliette qu’a bien voulu écrire le Professeur Reinhard Lauth : lisez ces lignes avec attention, méditez les, il est impossible de surestimer leur valeur exceptionnelle pour notre temps…ou plutôt lisez, si vous le pouvez, cette préface de neuf pages écrite en février 2003 et titrée : « La France en face de Fichte »

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Tilliette

Lauth ne fait rien de moins que réinterpréter philosophiquement toute l’évolution politique , historique et spirituelle de la France, et à travers elle et ses relations avec le monde anglo-saxon d’une part, germanique d’aute part, de l’Europe, depuis le quatorzième siècle jusqu’à nos jours !

Le passage à l’empirisme et au centralisme (caractérisant l’esprit jacobin , mais aussi l’Etat de louis XIV) de la philosophie et de l’esprit français s’expliquent par une capitulation devant l’empirisme et l’utilitarisme anglo-saxon après la défaite de Crécy en 1346 : c’est alors que la France s’approprie la politique de la force qui est le propre de l’esprit anglo-saxon, et qui s’est manifesté par exemple à Hiroshima , ou lors des monstrueux bombardements au napalm sur le Vietnam dans les années 60.

Ce tournant intellectuel et philosophique se produisit une seconde fois, de manière amplifiée car plus nettement philosophique, au 18 ème siècle, et c’est là ce qui donne aux Lumières leur orientation définitive, et préjudiciable, faut il le préciser, à l’humanité : c’est fondamentalement ce tournant, inspiré par l’empirisme de Francis Bacon, qui aboutira au naturalisme où s’est enlisée l’ Europe moderne, et que diagnostique Husserl en 1936-38 dans « La crise des sciences européennes« .

Cet empirisme anglo-saxon de tournure matérialiste, pragmatiste et utilitariste influence de manière prédominante « la clique autour de d’Holbach » (expression de Lauth ), et même les dirigeants de l’Encyclopédie.

Mais Reinhard Lauth note la présence, aux sources de la Révolution française, d’une autre tendance, incompatible avec cet empirisme matérialiste, et qu’il appelle un « idéal humaniste », à la base du combat pour les droits et la dignité de l’homme. Les opinions politiques de Fichte, grand admirateur de la Révolution française, correspondent évidemment à ce second courant, et sont dirigées contre le premier courant, empiriste et matérialiste.

Jusque là, le panorama ressemble fort à l’éternelle rengaine du « c’est la faute aux Anglais » : la France aurait trahi sa véritable essence spirituelle, qui est le rationalisme de Descartes, au profit de l’empirisme et du naturalisme anglo-saxon, ce qui expliquerait toute l’évolution subséquente, limitant la science à la techno-science.

Cela ressemble un peu aux analyses de René Guénon, qui lui aussi fait partir « l’accident qui est l’Occident  » (expression reprise par Garaudy récemment, voir http://www.bibliolibertaire.org/Textes/garaudy_secesshitler.doc ) de l’époque de Philippe Le Bel au 14 ème siècle..

sauf que Guénon est totalement aveuglé par ses lubies orientalistes de la « Tradition primordiale » (proches de celles de Blavatsky, qu’il accuse pourtant de déformer la réalité), et sa haine envers l’Occident moderne, la science et la philosophie : d’où son choix de l’Islam, jugé seul apte à sauver l’Europe, Europe que Guénon a fui définitivement pour devenir « Abd El Wahid Yahia » au Caire, parce qu’il était incapable de résister à la pression matérialiste démoniaque qui s’exerçait sur lui de la part de ses proches en France. Et l’apostasie de Garaudy pour choisir  le nazisslam lui est évidemment inspirée par Guénon

 tout cela ressemble fort à une maladie contagieuse, à ce SIDA mental dont parlait le regretté Louis Pauwels à propos de la jeunesse française du début des années 80…bien que là nous soyions bien sûr « très en dessous » de Guénon et de Garaudy : la génération morale (c’est à dire immorale) des années Mitterand, c’est, comme je l’ai expliqué dans l’article précédent, tout simplement inspiré et provoqué par les petits cons des années 60 qui sont devenus les grands cons des années 80 …cela aurait pu inspirer à Alexandre Dumas un autre « 20 ans après » encore plus divertissant…

 d’ailleurs Françoise Rosay ne disait elle pas à Jean Gabin dans « Le cave se rebiffe« , déjà en 1962 : « ça court les rues les grands cons ! »…elle ne croyait pas si bien dire…

http://mathesis.blogg.org/date-2009-09-offset-15.html

mais revenons à Lauth car cela commence à prendre une tournure déprimante..

 En fait le professeur Lauth voit beaucoup plus loin que le panorama juste, mais encore limité que nous venons d’exposer : la France, fille aînée de l’Eglise, « verus Israel » ,  est coupable d’un crime bien plus monstrueux que la simple défaite et soumission à l’esprit utilitariste anglo-saxon. Tous les crimes qu’elle a commis après, dont les plus récents sont la collaboration pétainiste dans le génocide hitlérien et la décolonisation à la va vite avec la trahison des harkis et l’abandon des peuples anciennement colonisés à des cliques de dirigeants corrompus et/ou islamiques, tout cela découle de ce péché contre l’esprit qui est dû à l’éternelle hybris française.

Et c’est parce que nous aimons ce pays, envers et contre tout, et parce que nous pensons qu’il peut encore faire son salut et par là même celui de l’humanité, que nous allons exposer ici son crime contre le christianisme et la Vérité : car on ne se sauve qu’en effectuant la « descente aux enfers » qui est la connaissance de soi même…

« malheureux celui à qui la vérité, en ses premières vagues, n’apporte que des épaves » : certes ! mais combien plus malheureux encore celui qui ne voit jamais venir les vagues de la vérité !

Guénon, obnubilé par ses balivernes orientales à cause de sa nullité intellectuelle (il a été jusqu’en math spéciales, pas au delà, ce qui le rend peu apte à parler de mathématiques et à juger la science, ce qu’il fait pourtant avec l’aplomb inébranlable des imbéciles), rejettait la philosophie, qu’il méprisait parce qu’il ne la comprenait pas.

Reinhard Lauth, lui, part du seul point d’où il faut partir, qui est ce que nous appelons pour notre part le point de « divergence apparente » (seulement apparente) entre religion et philosophie, entre le « Dieu des philosophes et des savants » et le « Dieu des chrétiens », bref entre foi et raison, phénomène qui conditionne toute notre évolution ultérieure vers le démoniaque contemporain, puisque la foi se cantonne dans un outre monde imaginaire et la raison devient seulement calculatrice et technique.

Voici ce qu’il dit :

« Dans le domaine des religions révélées, il n’y a eu que deux tentatives pour atteindre de façon purement philosophique la conviction religieuse fondamentale. La tentative islamique fut étranglée par la religion elle-même, et demeura sans résultat. Dans la chrétienté il en fut tout autrement. Quand Anselme d’Aoste exigeait qu’on remplaçât par des arguments philosophiques concluants les prémisses reposant sur des croyances, de sorte que le musulman puisse aussi y adhérer, la pensée philosophique se détachait de la perspective religieuse pour appréhender dans le principe une justification de l’existence »

la « tentative islamique » dont il parle, ce sont les philosophes en terre d’Islam, qu’ils soient d’ailleurs juifs (comme Maïmonide), chrétiens, ou « musulmans » (comme Averroès). Elle demeura sans résultat parce que l’Islam est incompatible avec la raison et la philosophie, bien qu’il ait tenté de l’annexer : et cette incompatibilité vient du Coran lui même, où la vérité est considérée comme descendant de Dieu vers l’homme, à sens unique donc, alors que la Vérité joint l’homme et Dieu selon la « médiation » du Fils-Médiateur : le Logos-Christ.

C’est pourquoi « il en fut tout autrement dans la chrétienté » : en témoigne en premier lieu la victoire par KO de Thomas d’Aquin sur l’averroïsme qui avait envahi l’Europe « savante ».

Il en fut tout autrement parce que les Evangiles sont un document philosophique, de part en part : les imbéciles incultes, souvent des musulmans d’ailleurs, s’étonnent de ce qu’il y ait quatre évangiles, qui se contredisent entre eux quelquefois (par exemple sur la généalogie de Jésus) et qui ont été composés sur une période de plusieurs siècles, avec des changements, des versions différentes.

Mais c’est justement là la marque de leur vérité, non pas évènementielle mais spirituelle ; l’Ecole initiatique de scribes qui a composé les Evangiles, sur une période de plusieurs siècles, connaissait très bien tous les systèmes philosophiques de l’Egypte, de la Chaldée, de  la Grèce ou de l’Inde; et comme l’a expliqué par exemple un Boris Mouravieff, dans « GNOSIS« ,  les quatre Evangiles correspondent aux quatre types fondamentaux d’êtres humains , qui sont symbolisés par les quatre « animaux » qui se retrouvent sur la lame du Tarot « Le monde » ou « La roue » : taureau, lion, aigle, homme. Je ne peux pas aller plus loin là dessus dans le cadre de cet article, car j’ai besoin d’effectuer des recherches supplémentaires.

Lauth continue :

 «cette route des crêtes fut parcourue par Descartes, Leibniz, Kant et Fichte…si bien qu’une possibilité singulière est disponible, de mettre à l’épreuve de la raison les croyances acquises dans la vie historique réelle et vivante. Quiconque refusait cela et cette philosophie parce qu’elle validait les prémisses religieuses spécifiques (i e chrétiennes) et les développait indépendamment et de manière purement rationnelle, comme Gaunilon, Bourdin, Spinoza, Schelling et Hegel, s’opposait à cette évolution intellectuelle…notre question porte sur la complicité de la France dans cette opposition : dans la décision de l’Eglise de rester fidèle à Aristote et à la scolastique; dans le « procédé réussi » de « comprendre » Descartes autant que possible sans sa perspective transcendantale»

Car Descartes est pour Lauth (et pour nous, faut il le rappeler) le philosophe le plus important , fondateur de l’ère moderne. Selon Lauth, Descartes est à l’origine d’un nouveau point de départ dans l’univers spirituel, un point de départ transcendantal avant la lettre (alors que Husserl pense que Descartes a manqué l’orientation transcendantale, et c’est pourquoi il écrit ses « Méditations cartésiennes »). Descartes est en quelque sorte l’Euclide de l’action spirituelle, « il découvre la solution philosophiquement pure dans anciennes conceptions religieuses ». Il fait cette découverte qui « mène dans une tout autre direction » en essayant d’appliquer les méthodes euclidiennes au domaine de l’esprit. C’est ce qui lui permet de dépasser la conception qui considère le monde comme une machine : comme Alquié, il pense que la délimitation stricte du domaine de l’objectivité , dans la physique, permet à Descartes d’accéder au domaine divin (de rencontrer l’Etre, dit alquié) et métaphysique. Alors que Spinoza, qui tente aussi d’appliquer la méthode axiomatique euclidienne, manquerait cette sortie hors de l’objectif et de la nécessité (mais ici, Lauth n’ignore t’il pas le sens merveilleux du Livre V de l’Ethique ?).

Lauth continue:

« Ses trois écrits : Regulae, Discours de la méthode et Méditations, sont comme une échancrure géologique à travers laquelle une couche minérale plus profonde déborde les couches superposées. L’empirisme utilitaire et l’humanisme laïc sont d’emblée vaincus. Et c’est justement au moment où ils avaient abandonné la philosophie cartésienne et s’étaient jetés dans les bras de l’empirisme que les Français ont rencontré l’idée transcendantale dans la philosophie de Fichte »

 Mais d’où vient cette propension de la France à « trahir sa propre nature spirituelle » , qui est en même temps l’essence spirituelle universelle (présente dans la nouvelle orientation propre au Cogito cartésien ) ? de temps bien plus anciens : lorsque la France s’est relevée du chaos généralisé avec Hugues Capet, elle a développé une représentation d’elle même entachée d’hybris, s’attribuant le rôle de fille aînée de l’Eglise et prétendant jouer un rôle politique rival du Saint Empire et de la Basileia orientale considérée avec mépris comme « Bas empire » :

« La France a manqué à ses devoirs envers l’Empereur et le Basileus »

« … jusqu’à devenir l’ennemie des deux empires chrétiens, alliée des Sarrasins et des Turcs à l’Est, des protestants à l’Ouest. »

  Ceci la conduisit aussi à essayer d’obtenir l’autorité sur la papauté comme suprême instance religieuse, en contraignant les papes à la captivité d’Avignon, ainsi que, selon Lauth à « extorquer la paix de Westphalie » à la fin de la guerre de Trente ans.

Bien entendu, la politique arabe et musulmane de la France actuelle est une lointaine conséquence de cette hybris originelle.

Le diagnostic de Lauth rejoint donc ici celui de Guénon : le péché originel de la France, c’est d’avoir tenté de faire prédominer le pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel.

Ce qui est un crime contre l’essence même du christianisme, et finalement se trouve bien proche de la tentative islamique, consistant à faire éclater l’unité en voie de constitution de l’Occident chrétien (qui était destiné à mener à l’unité finale du genre humain) au profit de l’autorité temporelle soit d’ un empire Arabo-musulman, soit de l’Ottoman plus tard.

 Mais l’empire temporel est par définition instable et conduit au chaos; et c’est bien là où nous avons abouti…

Mais la différence entre Lauth et Guénon, c’est que Guénon refuse de comprendre et d’accepter  la mutation copernicienne et cartésienne, et ne peut donc que  se réfugier dans des billevesées , qui lui ont été inculquées dès ses commencements dans les bas-fonds occultistes qu’il a fait mine après de mépriser…

et c’est aussi que Lauth essaye de comprendre les sources de cette hybris de la France, en remontant jusqu’au démembrement de l’empire de Charlemagne, et l’on piurrait certainement remonter avant, jusqu’à la situation des différents peuples européens sous l’empire romain…

Quoiqu’il en soit ni la France ni l’Europe n’ont jamais pu se relever de cette mauvaise orientation : c’est là la raison de fond de ce que nous répétons ici depuis des lustres, à savoir que l’Occident , tout en ayant en main toutes les clés pour établir une domination spirituelle pacifique sur tous les autres peuples devant mener ceux ci à l’émancipation , puis à l’égalité de tous dans l’unité finale de l’humanité, cet Occident a choisi plutôt la voie de la colonisation, et du matérialisme, qu’il a créé le nouvel empire (du Mal) des USA, et finalement tombe à cadence accélérée dans l’enfer démoniaque de ce que l’on appelle « mondialisation », ou « globalisation », après deux guerres mondiales atroces laissant planer le danger d’une extinction terminale de toute civilisation dans la guerre nucléaire…

Lauth considère le national-socialisme et le bolchevisme comme deux rejetons dégénérés de l’humanisme qui était le « second courant » à l’origine de la Révolution française (en compagnie du matérialisme utilitariste).

(Heidegger, et Badiou, ont aussi insisté sur l’idée que le nazisme est un humanisme).

Or cet humanisme ne pouvait suffire à contrer l’esprit empiriste et utilitariste, comme on le voit maintenant, et l’émergence de la philosophie transcendantale de Fichte était un évènement providentiel qui aurait pu mener à cet affranchissement vis à vis de l’enlisement naturaliste et matérialiste (rien à voir bien sûr avec le « matérialisme méthodologique » de la science).

Lauth note que les plus hardis penseurs français (Proudhon, Jaurès, Xavier Léon) se sont approchés de l’intuition fondamentale de Fichte (qui est son point d’Archimède situé selon les années dans le Moi, ou le Savoir), mais « la chape de plomb du laïcisme et de l’utilitarisme anglais toujours plus à la conquête de l’économie interdisaient une conversion dûe à l’évidence cognitive… la France n’opère plus le retour à l’atelier élémentaire de l’esprit, et des figures comme le génial Péguy sont restées l’exeption ».

 D’autant plus qu’au même moment où la France découvrait fichte, l’Allemagne était frappée par le même mauvais sort nationaliste, et « capitulait devant l’idée moderne de l’Etat dictatorial » (que Jacques Attali et Ben Laden veulent faire aboutir à un Etat mondial, matérialiste pour le premier, islamique pour le second).

Lauth voit la genèse du « rejeton bâtard qu’est le nazisme » dans  l’évolution de l’attitude purement humaniste de Goethe qui a poursuivi sa course avec Schelling, Schopenhauer, Wagner en refoulant l’idée morale propre à la philosophie transcendantale ou en l’annexant de manière trompeuse, jusqu’à conduire à l’association hybride des idées de Kant et de Goethe chez le célèbre Houston Stewart Chamberlain, inspirateur d’Hitler et auteur de la « Genèse du 19 ème siècle », dont découle  le « Mythe du 20 ème siècle » d’Alfred Rosenberg, qui est un complet délire.

D’ailleurs Fichte, prenant ses racines dans l’Aufklärung, était moins avancé que Descartes :

« il n’a pas effectué comme Descartes le dernier pas, il n’a pu dans sa philosophie exprimer philosophiquement le Deus est/cogito« 

Une brève remarque ici sur l’opposition de Lauth au « laïcisme » , qui est la mise de la laïcité en position d’hybris, menant à l’athéisme des Lumières radicales et de ce qui s’ensuit : la laïcité est un idéal chrétien, elle découle en droite ligne du « Rendez à César ce qui est à César », ainsi que de la tentative dont nous parlions plus haut , avortée en Islam (et pour cause !) , réussie en climat chrétien, d’atteindre de manière purement philosophique la conviction religieuse fondamentale… c’est à dire, au fond, d’assurer l’unification du Dieu des philosophes et du Dieu de la foi.

la laïcité ne peut se concevoir qu’en régime chrétien, comme d’ailleurs l’histoire le montre : et si le christianisme décline, l’idée de la laïcité décline elle aussi jusqu’à devenir ce qu’elle est acutellement : dans le meilleur des cas, l’idée , énoncée récemment par Eric Zemmour, que les religions doivent rester invisibles dans l’espace public, ou bien, dans le pire des cas, l’idée que toutes les religions se valent, et que chacun peut mettre en vant ses croyances particulières dans l’espace public. Soit deux conceptions totalement opposées. tout et n’importe quoi : c’est bien là le signe que la laîcité ne veut plus rien dire, hors de son milieu naturel, le christianisme…

 Reste l’avenir, si du moins nous en avons encore un, nous autres européens (en tout cas, il ne se situera pas dans la communauté européenne actuelle); reste la question sur laquelle Lauth termine cette si dense préface:

 » pour les travaux futurs, il ne s’agit pas d’assumer sans critique le point de départ transcendantal de Fichte…mais de parfaire la philosophie transcendantale en la dépassant, ce que Descartes, en avance sur Fichte sur ce point, avait déjà amorcé »

On nous permettra de pointer ici deux tentatives de dépassement en ce sens de la philosophie transcendantale :

– la phénoménologie husserlienne et ses nombreuses « transformations », notamment la « phénoménologie matérielle » de Michel Henry (penseur d’une importance cruciale, mort en 2002, qui reprend lui aussi le flambeau philosophique du christianisme mais dans une attitude défavorable à la science et à la philosophie grecque)

– notre projet ici de poursuivre sur la ligne de Brunschvicg (considéré comme le Fichte français)  en reprenant à nouveau frais la mathesis universalis de Descartes : mais bien entendu, ce n’est pas ici que peut naître une nouvelle voie, nous nous contentons de défricher un peu, en lançant en l’air des idées, « pour tous et pour personne ». Il nous semble notamment que l’étude de Malebranche sur de nouvelles bases pourrait être cette « prochaine démarche nécessaire, amorcée chez Descartes », dont parle Lauth

en tout cas, je suis d’une opinion définitive sur le point que ce n’est pas la dialectique marxiste ou néo-marxiste, ou sa reprise par Badiou, qui pourra « féconder l’avenir« .

Laissons la parole à Reinhard Lauth pour finir , et tentons de l’écouter dans le silence de la méditation: nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été prévenus !

mais je voudrais simplement ajouter que s’opposer à cet esprit anglo-saxon ne vise pas les personnes appartenant à des peuples anglo-saxons, pas plus que notre opposition à l’Islam ne vise les personnes de confessions musulmane ; notons d’ailleurs qu’un des plus grands héros actuels de ce combat contre l’empirisme utilitariste et matérialiste anglo-saxon est un anglo-saxon : le grand Roger Penrose !

« La France et l’Allemagne dans l’union européenne sont parties d’une existence nationale singulière pour entrer dans une forme d’association qui, si elle ne doit pas être une agglomération tout à fait arbitraire (Note de nous : ce qu’elle deviendra si on continue à laisser faire les gnômes de Bruxelles, c’est à dire les fossoyeurs de toute Idée de l’Europe véritable) a pour condition un terrain spirituel commun apte à les porter….

dans le domaine philosophique, cette attitude ne peut se construire que sur une vision qui puisse se justifier critiquement.

L’utilitarisme anglo-saxon , pour qui l’empirisme n’est qu’un moyen auxiliaire pour accéder à la plus haute position de force, ne le peut pas, et s’il le pouvait on ne voudrait pas de lui (Note de nous : ce qui signifie que la France réelle ne peut vouloir du sarkozysme, qui est justement la soumission à cet utilitarisme)..

… on ne voudrait pas de lui  parce qu’une telle domination universelle technique et immorale se dresse, mise à nu dans sa nullité et dans sa hideur, devant l’exigence de dignité humaine. (Note de nous : qui ne saurait être garantie par l’humanisme, comme nous en tombons d’accord avec Badiou)

Ce qu’en le refusant nous lui opposons, il faut que ce soit dès la base d’un seul tenant, une position qui défie ce vouloir profondément inhumain, qui le renvoie à son lieu, au néant

C’est là la raison la plus profonde de notre effort :

«Nous avons commencé à philosopher par orgueil, et nous y avons perdu notre innocence; nous avons regardé notre nudité, et depuis nous philosophons par nécessité, et pour notre salut» »

2 réflexions au sujet de « un christianisme de philosophes »

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